C’est quoi un accouchement…

La poussée est à l’accouchement ce que la pointe est à l’iceberg. Une infime partie au sommet du reste.

C’est long, un accouchement. C’est une série d’étapes, pas toutes douloureuses. C’est de l’attente, une sieste, une jasette, un fou rire, une collation, un silence, un regard profond. C’est des marches dans le couloir, des positions insoupçonnées qu’on adopte spontanément, une respiration qu’on ne se connaissait pas, des sons nouveaux qui aident à la détente. Un accouchement, c’est une rencontre avec la douleur absolument nouvelle. Une douleur qui se présente graduellement et nous laisse du temps pour l’apprivoiser. Une douleur qui, bien qu’elle nous dépasse parfois, n’est pas dangereuse… mais naturelle. Une douleur qui permet à notre bébé de se frayer un chemin jusqu’à nous.

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Allaiter simplement

IMG_0596Lorsqu’on est sur le point d’accoucher, on croise nos mille petits doigts pour que l’allaitement soit simple… parce qu’allaiter, on veut bien! Mais souffrir, ça nous tente moins!

Premièrement, il faut passer à travers l’étape la plus cruciale : le démarrage de l’allaitement. Suite à sa naissance, le bébé devrait commencer à chercher le sein. Car si sa maman cérébrale-occidentale-épidurale a un peu perdu son instinct, lui, il l’a gardé bien intact (fiou!)… alors on le suit! Un démarrage d’allaitement, ça peut être aussi simple que ça!

Parfois, malheureusement, ce n’est pas le cas. Et à ce moment là, il faut être prêt à donner du temps au temps. Le meilleur moyen de passer à travers un début d’allaitement plus difficile, c’est d’être convaincu, avant l’accouchement, de notre désir d’allaiter. Et être convaincu, c’est plus facile à deux!

Quand surviennent des inquiétudes et des difficultés, on n’est pas trop de deux parents pour trouver l’énergie et les ressources nécessaires pour y arriver. Il faut bien s’entourer. Les infirmières, sages-femmes, accompagnantes et groupes de soutien en allaitement seront vos premiers alliés. Il existe également des consultantes en lactation (IBCLC). Une intervenante a échoué deux fois dans son désir bien réel de vous aider? Changez de ressource. Il suffit souvent d’une personne calme et compétente pour mettre le doigt sur le problème… et proposer la solution qui permettra de remonter à la surface et d’aller tranquillement vers les joies de l’allaitement.

L’escalade d’interventions lors de l’accouchement

Les accouchements sans intervention médicale sont désormais minoritaires en occident. Nous sommes à l’ère du contrôle et de l’efficacité. Pourtant, certaines choses gagnent à ne pas être trop brusquées. La naissance pourrait-elle être de celles-là?

Le jour de la naissance de leur enfant, les parents auront la possibilité de faire des choix. Mais pour choisir, encore faut-il connaître les options qui s’offrent à nous.

Lorsqu’on offre à une femme de provoquer artificiellement son accouchement, lui précise-t-on que ses contractions seront probablement plus douloureuses, plus intenses, plus rapprochées? Que cela pourrait mener naturellement vers la péridurale. Qu’une fois anesthésiée, parfois, le temps de travail augmente. Que les accouchements se terminent plus souvent par l’utilisation de forceps et de ventouse. Cette femme sait-elle qu’elle risque davantage de vivre une césarienne ou une hémorragie post-partum? Est-elle au courant qu’à sa naissance, son bébés pourrait être plus somnolent et éprouver davantage de difficulté à téter?

Comment diminuer nos chances qu’une première intervention médicale ne mène à une deuxième, puis une troisième?  Certaines interventions sont nécessaires et bénéfiques. D’autres mènent vers une escalade… et une diminution du niveau de confiance de la mère en ses capacités de mettre au monde son enfant.

Notre époque et notre situation géographique nous offrent les conditions d’accouchement les plus sécuritaires qui soient. Toutefois, à trop vouloir éviter le pire, n’en sommes-nous pas venu à passer parfois à côté du meilleur?

Petite histoire de l’allaitement

Comme la plupart des filles de notre génération, nos mères n’ont pas allaité, nos grands-mères non plus. Est-ce à dire que la montée de l’allaitement des dernières années est une mode? Non, évidemment. C’est plutôt un retour aux sources.

En fait, depuis les débuts de l’humanité, tout le monde a toujours été allaité… jusqu’en 1900 en occident. À cette époque, les occidentaux ont médicalisé les accouchements. Et à peu près en même temps, arrivèrent sur le marché les premières préparations pour nourrissons. Une révolution s’organisait! Rapidement, on s’est mis à vanter le mérite de cette première alternative sécuritaire au lait maternel. Les préparations pour nourrissons sont devenues un symbole de la modernité! Résultat? Les mères en sont venues à croire que leur lait était inadéquat. Et, tout à coup, elles se sont mises à s’inquiéter de ne pas pouvoir mesurer ce que leur bébé buvait!

Et nous voilà cent ans plus tard… L’envie de l’allaitement nous reprend parce que bon sang, on sait bien qu’on est faites pour ça! Mais on ne sait plus trop comment faire. Il y a un maillon de la chaîne qui a été brisé. L’allaitement devrait être quelque chose d’instinctif. Le problème, c’est qu’on a un peu perdu notre instinct. Le cerveau humain est le plus développé des cerveaux des mammifères… pour le meilleur et pour le pire!